Les Globe-Trottoir gravissent les volcans OKLM

En voyant ce titre, vous vous dîtes probablement que vous allez avoir à faire à 2 badass qui marchent dans la lave en tongs ! C’est en effet assez proche de ce que l’on a fait sur Java.

Close enough

A la découverte de l’est de l’île de Java

Située sur la « ceinture de feu », une grande partie de l’Indonésie est soumise à une forte activité volcanique et sismique. C’est notamment pour cette raison que le Mt. Agung est entré en éruption ces derniers jours. Bien loin du Mt. Agung à cette époque, vos aventuriers étaient donc sur l’île de Java (vous pouvez d’ailleurs trouver notre premier article sur l’île en cliquant ici). Pas question pour autant de rouiller et nous avons donc mis à profit notre séjour à Yogyakarta pour booker un tour dans les volcans Bromo et Ijen.

L’idée est de faire un circuit de 3 jours et 2 nuits pour faire l’ascension de ces deux volcans encore en activité. On a notamment entendu parler des flammes bleues de l’Ijen (mais pas seulement). On booke donc notre tour au Coffee Jogja Corner de Yogyakarta pour la coquette somme de 2 800 000 Roupies (un peu moins de 180€ pour deux) ce qui représente un beau budget.

Le lendemain, on nous affrète donc un premier véhicule qui nous transportera à la gare de Yogyakarta. On connaît déjà bien les lieux car c’est par le train que nous sommes arrivés là depuis Jakarta. Notre ticket, booké par l’agence, est un ticket « Eksekutiv » c’est-à-dire que l’espace pour les jambes est très confortable et que les sièges le sont aussi. Ça démarre donc assez bien et les 7 heures de trajet passent relativement confortablement.

Nous arrivons comme la plupart des personnes allant sur le Bromo dans une petite ville appelée Probolinggo. Dès notre sortie du train, nous sommes pris en charge par une autre personne qui nous promènera jusqu’à l’agence de voyage partenaire. On nous expliquera le contenu de notre aventure au Bromo et on nous demandera si on veut également participer aux flammes bleues de l’Ijen moyennant un supplément de 100 000 roupies chacun. Après discussion (notamment éthiques, on vous explique pourquoi après), on se laisse tenter. On nous laisse quartier libre pendant une bonne demi-heure, le temps pour nous de nous enfiler un kebab de grande qualité (15 000 roupies : CADEAU) et nous repartons donc avec une nouvelle personne pour notre premier hôtel à quelques hectomètres du Bromo.

Le Bromo, du souffre sans souffrance

Les hôtels pour le Bromo sont tous, sauf à de très rares exceptions, extrêmement mal notés. Humides, froids, sales… on a tout lu à leurs propos et on arrive donc un peu dans l’appréhension après une heure de route avec des côtes qui rappellent l’ascension du col de la république. Pris en charge rapidement malgré l’heure tardive, nos quartiers ne sont vraiment pas si pires comme on dit chez nous. Il s’agissait pour notre part du Cemara Indah Hotel (comme pour beaucoup de monde qui prend le tour depuis Yogya).

La chambre semble propre, la literie très correcte. Ce n’est pas le confort absolu, mais pour une courte nuit, ça fera très bien l’affaire. On notera simplement qu’il fait beaucoup plus frais ici qu’à Probolinggo ce qui est normal, on est pas mal monté en altitude. Prévoyez donc un petit pull et un foulard pour votre gorge fragile.

On ne traîne donc pas trop le soir car le réveil est prévu pour 3 heures du mat’ avec au programme un tour de Jeep (payant en sus : 100 000) pour assister au lever de soleil face au Bromo puis l’ascension en elle-même du volcan par la suite.

LA VOITURE DU FUHRER §§

La levée de corps est assez douloureuse et fraîche. Marghe avait anticipé et loué une grosse doudoune la veille au soir pour 50 000rp. On n’attendra pas très longtemps avant de voir notre chauffeur de Jeep nous faire signe et nous voila donc à l’arrière du véhicule avec 4 autres personnes (deux devant, deux en face de nous). Notre route est constituée de piste de poussière volcanique et sur de route défoncée pendant une trentaine de minutes avant de se retrouver dans une côte, à l’arrêt complet. On n’avait jamais vu autant de jeep et ça sentait pas mal le carburant… pour l’authenticité on repassera.

Arrivés au point de vue, on a le choix entre des escaliers sur notre droite ou bien la colline sur notre gauche. On grimpe les escaliers et attendons dans le froid les premières lueurs de la journée. C’est un spectacle magnifique et inoubliable. Avec les premiers rayons on découvre la chaîne de volcans qui n’a rien à envier à celle du Puy-de-Dôme ! On restera jusqu’à 5h environ avant de rallier notre jeep coincée au milieu de centaines d’autres.

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Assister au lever de soleil est optionnel et n’est pas inclus dans le package « de base » mais vaut vraiment le coup d’œil. On ne peut donc que le conseiller malgré les embouteillages et la conduite « sportive » du chauffeur. Il parait aussi difficile d’y aller par un autre moyen que par une Jeep contrairement à ce que nous avons lu.

On fera une petite pause au pied des volcans pour faire quelques photos puis on reprendra la route pour finir dans une sorte de camp au pied du Bromo. D’en bas, il ne fait vraiment pas rire les mouettes ! Avec un sommet à 2300 mètres, on se dit que ça va être une belle promenade. Pour les plus paresseux, il est possible d’être tracté par un cheval jusqu’au pied du volcan : il y a en effet une petite marche d’1 km à faire entre le dépôt de la Jeep et l’ascension à proprement parlé du Bromo.

Tout ça se fait sans aucune difficulté si ce n’est celle de se frayer un chemin au milieu des Jean-Selfie et des mecs qui courent dans les escaliers. Une fois en haut, on assiste à nouveau à un spectacle inoubliable : c’est évidemment la première fois (et pas la dernière) que l’on peut approcher d’aussi près un volcan en activité. Le Bromo crache en effet des volutes de souffre dans un vacarme impressionnant. On reste en haut un petit moment avant de redescendre vers la Jeep.

Fire in the hole

On a bien mérité le casse-croûte donc on retourne à l’hôtel où le petit-déjeuner nous attend. Il nous rend jouasses d’autant qu’il est bon et copieux. On pourra également apprécier la vue magnifique depuis l’hôtel avant de reprendre la route avec le chauffeur de la veille en direction de Probolinggo.

S’en suit un long moment d’attente avant de rejoindre 2 françaises (nos camarades Gwen & Aline que l’on salue) et un allemand (Martin) qui vont nous accompagner dans le périple suivant : l’ascension du mont Ijen. On roulera quelques heures dans cette direction avant d’arriver là encore dans un hôtel de bon standing (avec jacuzzi et piscine s’il vous plaît) : le Catimor Homestay. Quand on voit les commentaires, on se dit que ça va être la pire des nuits. Non seulement elle a été très courte (la levée de corps était prévu pour 00h le lendemain) mais en plus, on n’a pas été si désagréablement reçus. Si l’ensemble reste simple évidemment, la literie semblait propre et l’accueil très correct. Il faut se méfier avec les commentaires, surtout quand ils datent un peu, ce qui semble être le cas ici. En bref, c’était donc un hôtel très convenable.

Le Mt. Ijen, personne n’est venu là pour souffrir okay ?

Il est donc minuit quand le réveil sonne douloureusement. L’hôtel nous remet un petit dej dans une boite en carton où l’on trouvera un œuf cuit dur, deux tranches de pain de mie avec de la confiture pas terrible. Ça calera le bide !

On roule une bonne heure avant d’arriver au pied du volcan où l’on constate qu’il y a déjà beaucoup d’animation. Avant d’être une destination touristique depuis Nicolas Hulot et sa fameuse arrivée en hélicobiteptère, le Ijen était surtout un lieu de travail pour des centaines de mineurs qui descendaient dans les entrailles du cratère pour y extraire le souffre.

Les paniers remplis de soufre. Ils serviront à la confection de médicaments, produits cosmétiques ou au raffinage du sucre.

La situation n’a pas changé à ce jour, et l’on retrouve donc bon nombre de mineurs en bas. Notre guide lui-même travaille à la mine. Avant de raconter notre périple, il convient de mettre en avant ces personnes qui risquent leur vie et leur santé en allant extraire du souffre sans aucun équipement et en portant des charges allant jusqu’à 100 kg sur leur dos nu. Les mineurs font maximum 2 allers/retours par jour pour un salaire d’environ 8€ (le revenu moyen en Indonésie est de 250€ / mois). Ce travail est réellement éprouvant et l’espérance de vie des mineurs est très réduite : problèmes neurologiques et respiratoires arrivent en effet assez rapidement à force de respirer le souffre à pleins poumons.

C’est notamment pour cette raison que l’on a hésite jusqu’au bout pour aller faire la visite de nuit du Ijen. On considère toutefois qu’être témoin, partager et améliorer tant bien que mal leur condition passe par le tourisme (les touristes rapportent déjà 10 fois plus que l’exploitation que le souffre au Ijen).

C’est donc ici que nous rencontrons Tchouki, notre guide de choc. Nous sommes un groupe d’une douzaine de personnes, équipés d’une belle lampe frontale chacun et de tenues assez chaudes : il fait en effet nuit et on est un peu en altitude. Un pull et un pantalon ne sont donc pas de trop. La veste est elle très dispensable à l’opposé du Bromo.

L’ascension démarre très rapidement avec des côtes qui grimpent vraiment raides raides ! On marque des pauses assez régulièrement et on ne voit pas le bout : il fait noir (vraiment) et ça grimpe de manière que même en levant la tête, on ne voit pas toujours le haut surtout sur les premiers tronçons où on est entouré de bois.

Ça dure comme ça pendant 2h30 / 3 heures environ (les plus rapides mettront une heure de moins) mais ce n’est pas fini comme dirait l’autre guenille !

Il reste la partie la plus technique, la descente dans le cratère pour y découvrir les fameuses flammes bleues qui font la réputation du Ijen.

Les flammes bleues du Mont Ijen, captivantes et envoûtantes

L’ascension démarre en effet assez tôt car l’objectif est d’arriver dans le cratère avant le lever du jour pour y découvrir ces magnifiques volutes : la nuit, les flammes du volcan sont bleues et donnent un caractère surréaliste et magnifique à l’endroit. On arrive en bas sur le coup des 5 heures après une descente assez difficile à gérer ! On appréciera le spectacle encore une bonne demi-heure, équipé de masques à gaz pour éviter d’inhaler trop de cochonneries. Ces masques s’avèrent indispensables (sauf pour les mineurs, donc, qui en sont dispensés…).

Au lever du soleil, notre guide Tchouki nous fait profiter du cratère où se dévoile un lac immense qui est aussi un des plus acides au monde. On entame fatalement le sens retour avec donc la montée hors du cratère, pas trop compliquée et la descente du Ijen pour rejoindre notre navette. Il fait maintenant plein jour et assez chaud, la descente s’apparente plus à une promenade un peu sportive (surtout pour les cuisses car ça descend fort) si on la compare à la complexe ascension de la nuit.

Le cratère du Ijen et son lac hyper-acide

On arrive vers le minibus à 11h pour rejoindre la ville portuaire d’où démarrera notre ferry un peu plus tard. La prochaine étape est à Bali où l’on passera une dizaine de jours !

 

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